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  • : Depuis juin 2006, Niort en Bulles promeut la Bande Dessinée dans le Pays Niortais grâce à son club de lecture mensuel et par son rendez-vous annuel de juin : le Festival A2Bulles
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Cases Donjon

Les moyens d'action de l'association sont notamment :

• des rencontres régulières permettant aux membres de découvrir er de faire découvrir les diverses formes de bande dessinée sans en privilégier aucune;
• la publication du journal en ligne, Cases-Donjon, servant de support de communication entre les membres et ouvert à tous;
• l'organisation de manifestations culturelles tels que rencontres avec des auteurs, séances de dédicaces, expositions d'oeuvres choisies;
• l'animation pédagogique dans un cadre scolaire ou non.
 

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1 novembre 2006 3 01 /11 /novembre /2006 14:14

                                                    La Sirène des Pompiers

                                          Hubert et Zanzim ed Poisson Pilote

 

       Paris fin du XIXeme.  Fulmel,  critique d'art renommé, ne comprend pas comment Gélinet petit peintre sans grand talent qu'il qualifie de "laborieux gribouilleur" devient en peu de temps un peintre encensé par le Tout Paris en peignant des sirènes.

        Il se rendra compte au fil des pages que le modèle est bien réel. Celle-ci lui raconte alors sa rencontre avec le peintre. Elle vient de Bretagne, terre de légendes, où dans la pure tradition d'Andersen, les sirènes sont censées séduire les marins avec leurs chants puis les entraîner vers les profondeurs pour enfin les laisser se noyer entre leurs bras.

      Elle vit mal sa condition de sirène, elle veut faire autre chose, connaître le Grand Monde de la capitale. Elle y rencontrera le peintre qui en la prenant comme modèle deviendra un peintre reconnu.

    Il se mettra alors à peindre toutes les grandes dames de Paris en sirène (critique de l'art pompier toujours plus ou moins la même chose).

    La sirène quand à elle devient collectionneuse de tableaux de paysages, de personnes réelles. Ces peintures faites en extèrieur qui prendront plus tard le nom d'impressionnisme n'étaient pas considérées comme de l'art à cette époque. Pour notre héroïne elles dégagent beaucoup plus de choses, de sentiments.

    Cette BD nous rappelle que l'art pompier était l'art officiel au temps des impressionnistes, alors qu'aujourd'hui il est plutôt oublié.L'impressionnisme marque la rupture de l'art moderneavec l'académisme (la définition de l'adjectif pompier est : d'un academisme emphatique). La tendance de ce nouveau courant à l'époque est de noter les impressions fugitives, la mobilite des phénomènes plutôt que l'aspect stable et conceptuel des choses.Les peintres impressionnistes sont des peintres réalistes qui maîtrisent l'étude du plein air et font de la lumière l"élement essentiel par opposition à l'art pompier et ses couleurs sombres qui recherche le beau idéal et l'essence éternelle des choses.

    HUBERT par ses couleurs met bien en évidence ce contraste. Le style de ZANZIM proche de celui de TANQUERELLE est dans la pure lignée de celui de SFAR.

    HUBERT notamment connu pour LE LEGS DE L'ALCHIMISTE (avec TANQUERELLE quelle surprise!!!) et MISS PAS TOUCHE (avec KERASCOET) nous entraîne dans un récit peut être moins innovant que dans ces précédentes productions mais trés bien construit et surtout trés agréable à lire.

    Cette BD est agrémentée d'un cahier de croquis préparatoires et d'Huiles sur Toiles de toute beauté.

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26 octobre 2006 4 26 /10 /octobre /2006 10:59
                                                            Dans les années 50, Louis, un tueur à gages, est atteint par une maladie incurable, son tour est venu de payer. Il n’attend pas la mort sur son lit d’hôpital et part, avec ses ampoules de morphine et ses calibres, remonter le fil de sa vie. Les voyous avec qui il a travaillé, un contrat qu’il refuse, son ex-femme sont les étapes de sa descente aux enfers. Louis veut retrouver sa fille, il ne l’a vue qu’en photo. Elle est partie avec Serge, l’amant de sa mère mais aussi l’ancien copain de Louis, avant la guerre. C’est avec lui que tout avait commencé.
    Louis mène sa quête jusqu’au bout, n’épargnant personne sur son chemin de la rédemption.
    Une histoire noire où l’anti-héros finit par accéder à une forme d’humanité, tout en utilisant son arme.

    Du Loustal Paringaux pur jus dans le dessin et le scénario : peu de dialogues mais des récitatifs soignés qui complètent les cases du dessinateur.        
    Des planches cases de très belles factures qui donnent l’atmosphère de l’album et de l’époque.
    Une belle utilisation du trait noir et des ombres : des visages découpés, un peu angulaires, aux traits marqués, ils ne sont pas réalistes mais très expressifs. C’est la marque de fabrication de Loustal. Des couleurs tranchées, qui ne s’assombrissent pas comme pourrait le demander l’histoire, le bleu de la nuit, le jaune de la lumière artificielle, l’ocre des souvenirs (3/4 planches cases qui représentent très bien ce qu’était la vie de Louis) et le rouge du sang, pas seulement des voyous.
    Louis va à sa fin dans un univers qui ne vous surprendra  peut-être pas : l’exécution des anciens commanditaires, l’ex-femme trahie, le caïd local qui veut forcer Louis à tuer le commissaire Maigret - chez Omnibus, Loustal a illustré quelques nouvelles et romans de Simenon, cela mérite le détour -, le copain drogué, lui aussi en bout de course, et la fille qui paie pour le sang versé par le père. La surprise n’est pas l’enjeu mais le descente aux enfers, oui. C’est noir et c’est très bien fait.
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30 septembre 2006 6 30 /09 /septembre /2006 11:44

    Usagi Yojimbo raconte les aventures de Miyamoto Yojimbo un samouraï devenu un rônin à la suite de la mort violente de son maître. Il est une sorte de mercenaire errant et louant ses services et ses talents à des rencontres de passage.

Le cadre est celui du désormais bien connu Japon féodal et de son célèbre code d’honneur des samouraïs, le bushido, qui semble régler la plupart des aspects de la vie de Miyamoto Yojimbo. Rien de bien surprenant donc dans les petites histoires qui composent chacun des huit volumes de la série : la relation entre le maître (bourru, sévère mais juste) et son élève, la vengeance inassouvie et celle enfin assouvie, l’honneur perdu et reconquit etc.… Du vu et du revu, à première vue. Stan Sakaï, l’auteur, surprend davantage par son univers animalier et par le ton décalé que celui-ci lui permet. Car le samouraï, l’expert au maniement du sabre est un lapin…. Blanc. Ses adversaires sont des ninjas loups, des rônins rhinocéros ou des bandits renards, et au détour de quelques histoires, des tortues ninjas, il fallait l’oser. De drôle de bestioles, ressemblant vaguement à des sortes de diplodocus/canins miniatures et appelées des « tokages » peuplent également l’univers de Yojimbo.

 

    Usagi est à mettre entre toutes les mains et il s’adresse d’abord à un public familial. Le code du Bushido que respecte ce lapin là est un code de bonne conduite et de bonne morale. La violence n’y est jamais gratuite, le maître est toujours sincère et la cause servie est toujours la bonne. Le monde animalier de Stan Sakaï n’est certes pas le meilleur des mondes et l’on y croisera avidité ou lâcheté, mais les choix du lapin samouraï sont toujours dictés par une saine ligne de conduite. C’est un album que l’on mettre sans risque entre les mains d’un plus jeune. Le modèle est bon, très éloigné de l’ultra-violence de certains mangas.
    Publié aux éditions paquet à un tarif défiant toutes concurrences, 3,95 euros, Usagi Yojimbo n’est certes pas une œuvre révolutionnaire mais, au vu de son prix, le compte est bon.

    Une dernière surprise cependant : un petit format souple, un prix dérisoire, un auteur japonais un samouraï. Usagi Yojimbo est en fait un faux ami. D’abord publié aux Etats-Unis par un auteur vivant à Hawaï, Usagi Yojimbo est donc à classer dans la catégorie comics.

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30 septembre 2006 6 30 /09 /septembre /2006 10:22

La série W.E.S.T que nous propose Dargaud, fonctionne en diptyques. La sortie de ce troisième tome, baptisé El Santero, est donc l'occasion de découvrir une nouvelle aventure de la Weird Enforcement Special Team.

La première histoire se déroulait aux Etats-Unis en 1901, et c'est à Cuba que nous retrouvons les membres du W.E.S.T un an plus tard. Ils sont à nouveau missionnés par le président des Etats-Unis, qui est actuellement chahuté au sénat sur l'enlisement de la situation à Cuba. Sensés libérer les cubains du joug espagnol, les américains peinent à organiser des élections démocratiques. Après quatre ans de présence, les Etats-Unis se posent désormais la question d'une annexion de l'île, mais c'est sans compter les tentatives de soulèvement du peuple cubain. La situation est d'autant plus explosive que la foule est galvanisée par le mystérieux Islero, sorcier pratiquant la « santeria », et visant directement les intérêts des USA. Les soldats et les riches exploitants, donnés pour morts, se retrouvant à errer dans les rues terrorisant les « Yankis ». Cet Islero est bien évidemment la nouvelle cible du W.E.S.T.

Au scénario, nous retrouvons un Xavier Dorison qui maîtrise magistralement son sujet. Si lors de ses précédentes séries (et notamment le Troisième Testament) les lecteurs avaient pu être déstabilisés, voire agacés, par ses hésitations entre thèses scientifiques et mysticisme aujourd'hui il n'en est rien. L'intérêt du scénario limité à deux tomes de 54 planches, le contraint à l'efficacité et au pragmatisme. Il a désormais trouvé le parfait équilibre entre l'aventure policière et l'enquête scientifique saupoudrés de fantastique. De plus, l'histoire est ici plongée dans un cadre politico-historique qui en fait un album particulièrement dense et passionnant à lire. Le parallèle avec l'actualité ajoute une touche supplémentaire. Il est appréciable que Xavier Dorison prenne soin de nous épargner les clichés sur le vaudou et de maintenir le rythme et la tension du lecteur en l'agrémentant de fausses pistes. Seuls certains dialogues sont un peu frustrant pour le lecteur ne parlant pas l'espagnol. En ce qui concerne la mise en page, la dernière planche est un monument d'efficacité... celle qui à la fois vous torture les méninges et vous fait dire... encore...

Christian Rossi maîtrise également parfaitement le dessin et le ton de la série. Le trait est clair, classique, efficace. Le lecteur n'est jamais pris en défaut ou perdu suite à une approximation. Et c'est avec ravissement qu'il retrouve Morton Chapel, dont le faciès et l'attitude sont un subtile mélange de Clint Eastwood et de Jack Palance, et sa bande de mauvais garçons. Les couleurs, en phase de recherche lors du premier cycle, sont certes plus conventionnelles mais sonnent juste.

Scénario dense et solide, dessin clair et maîtrisé... non ce qui caractérise ce troisième tome c'est sa mise en page terriblement efficace. Le rythme est donné et le lecteur ne referme l'album qu'une fois la dernière planche dévorée avec avidité et le regret de n'en connaître plus.

Ce troisième album est incontestablement meilleur que le premier tome du cycle précédent, car il s'affranchit de sa lourdeur de mise en place. Donc le scénario se concentre immédiatement sur un récit particulièrement dense et une mise en page rythmée.

Oui c'est peu innovant, c'est même classique dans le paysage de la production actuelle. Mais c'est efficace, terriblement efficace, alors pourquoi bouder son plaisir.
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